État

Une maladresse de langage

faire son deuil

« Et vous étiez proche ? ». Quatre mots qui ont l’air de rien mais qui touchent profondément le cœur. Une maladresse de langage communément employé dans ce genre de situation.

J’ai toujours trouvé cette question curieuse. Sans trop savoir si elle était posé pour moi ou pour celui en face de moi. Comme si la personne éprouvait le besoin de graduer mon chagrin afin de savoir quelle attitude adopter. Si je répond oui, elle est mal à l’aise. Si je répond non, elle est soulagé. Mais a t-elle songé à ce que cette question ferait résonner en moi ? Comme si le fait d’être proche pouvait légitimer le chagrin ressenti. Cette question n’est pas malveillante ou égoïste, bien au contraire. Mais elle est maladroite.

Nous ne savons pas où nous placer face au chagrin de l’autre. C’est souvent qu’on ne nous l’a pas appris. Nous n’osons pas utiliser les mots bruts et vrais. La mort est souvent tabou. Pourtant la perte est présente. Le vide est là. Le chagrin est ressenti. Qu’on soit proche ou non, la vie est plus complexe que cela.

Nous parlons librement de la mort à la maison. Nous ne trouvons pas cela glauque ou morose. Nous utilisons les vrais mots. Chagrin. Absence. Mort. Nature. Mais aussi consoler. Câliner. Aimer. Être présent et serrer fort. Je pense qu’il est de notre responsabilité de parent d’éduquer nos enfants sur ce sujet afin qu’ils soient le mieux armés le jour où ils y seront confrontés. Bien sûr nous n’abordons pas le sujet tous les matins au petit déjeuner, mais ce sont les aléas de la vie qui nous ont menés à en parler à notre fille. Nous avons toujours répondu le plus clairement et simplement possible à ces questionnements.

Je veux que le jour où je mourais (entendons-nous bien, je serais sûrement très vieille et assez insupportable !), je veux que mes enfants, mon mari, sachent faire leur deuil comme bon leur semble. La vie est courte, ne gâchons pas ce temps en ne sachant pas faire notre deuil.

Merci à vous qui m’avez demandé si j’étais proche, je sais qu’il est difficile de consoler un chagrin. J’ai bien ressenti toute votre compassion et ça m’a fait chaud au cœur. Pardon à vous qui allez l’apprendre en me lisant, pardon de ne pas vous l’avoir dit de vive voix. Sachez que j’ai du chagrin mais c’est normal d’avoir du chagrin. Je vais bien.

Ma tante avait une chance insolente aux cartes et toujours beaucoup trop de rouge à lèvre. Mais ce qui la caractérisait le mieux c’était son rire unique, tonitruant ! Je le garde précieusement dans mon cœur comme un petit trésor et quand je vois des photos d’elle je l’entends. C’est un beau cadeau qu’elle nous a fait d’avoir un rire si joyeux, elle nous permet de toujours penser à elle avec le sourire ♥

Une réflexion sur “Une maladresse de langage

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